Mirko Farregut

Photo of Mirko Farregut

Age :

32

City :

Montréal

Traveller Type :

Aventurier

Last Visited Country :

Argentine

My travelling story

Sur les routes de la Bolivie

L’autobus gravissait lentement la Route de la mort en direction de La Paz. Enfin, pour une étroite route de terre, je trouvais plutôt que le chauffeur s’y aventurait témérairement, puisqu’elle était un des chemins jugés les plus dangereux du monde. Les véhicules escaladant cette paroi détenaient l’avantage de se coller sur la montagne lorsque l’on en croisait d’autres descendant la route, qui eux, devaient nous contourner du côté de ce gouffre verdoyant. Heureusement, aucun ne répondit à l’appel de la nature, celui de la rejoindre par un saut de l’ange.

Arrivé à La Paz, dans un terminus loin du centre, un chauffeur de taxi, sans perdre son temps, m’offrit ses services, que je déclinai, voulant avant tout me repérer sur une carte. Lorsque je réalisai la distance qui me sépara de ma destination et la complexité de cette entreprise dans ces rues labyrinthiques, j’optai pour la solution la plus facile et j’interpellai le chauffeur pour lui communiquer mes nouvelles intentions.

À peine fus-je monté, une femme se joignit à moi sur le siège arrière, me demandant si je n’y voyais pas d’objections à partager la course, voulant aussi se rendre au centre. Je n’y percevais aucun inconvénient. Ainsi, nous partîmes au milieu de cette foule urbaine, contrastant incroyablement avec la route au coeur de la Yunga que je venais d’effectuer. Je savourais mon retour à La Paz, car j’affectionnais cette ville chaotique. Malgré sa triste pauvreté et ces habitations délabrées, je la trouvais belle, peut-être parce qu’elle était sans artifices et que sa splendeur résidait dans le contact que j’avais pu établir avec la population locale, me débrouillant bien en espagnol.

Perdu dans mes pensées, le brusque arrêt de la course du taxi me contraignit à revenir sur terre. Un homme entra sur le siège avant du véhicule, se retourna vers la femme et moi en nous montrant un badge de policier. Il nous demande de nous montrer nos passeports pour un contrôle, sous prétexte qu’il y avait beaucoup de migration illégale et d’autres détails qui m’échappèrent. La femme s’exécutant, je l’imitai machinalement. Le policier nous dit que nous devions passer au poste de police pour vérifier si tout était en ordre. La femme était Équatorienne, était-ce pour cela? Tout se passait très vite, je n’avais pas vraiment eu le temps d’analyser la situation, jusqu’au moment où j’avais l’impression que l’on n’allait nulle part. Le doute s’installa, il me semblait que cette histoire ne tenait pas debout. D’où avait surgi ce policier, quel genre de contrôle cela était? Je devenais nerveux, je sentais que je m’étais embarqué dans une arnaque. Je demandai au présumé policier de me rendre mon passeport, il refusa, me disant que nous étions près du poste qui se situait au bas de la rue à droite et que nous allions tous vérifier rendus sur place. Je m’impatientai, et fermement j’exigeai qu’il me le rende. Aussi, j’ordonnai au chauffeur de s’arrêter, leur expliquant clairement que j’effectuerais le reste du chemin à pied et que nous avions qu’à nous rencontrer au poste de police. Ayant repris mes effets personnels, soulagé, je vis le taxi s’éloigner, puis pour confirmer mon soupçon, je demandai à un passant s’il y avait effectivement un poste de police au bas de la rue, sur la droite. Il me répondit par la négative. On avait donc essayé de m’avoir, sûrement de me voler mon passeport. Rendus au présumé poste, ils m’auraient laissé sortir, puis ils se sauraient sauvés... ou autre chose de pire? Après coup, je repensais à la situation et je me trouvais stupide d’y avoir cru, ne serait-ce qu’une seconde, bien qu’ils étaient préparés. Je compris que le chauffeur de taxi et la femme étaient complices. Enfin, je m’étais laissé berner quelques minutes. Étais-je engourdi par le voyagement, par les bruits fusant de toutes parts, par l’activité foisonnante de cette ville ou étais-je tout simplement naïf? Heureusement que je me réveillai à temps et que je me retrouvai en Bolivie, car dans d’autres régions du monde, l’imagination n’aurait pas été l’arme de prédilection des malfaiteurs, utilisant des moyens plus expéditifs et violents.

Dire que je revenais de la Route de la mort, une des plus dangereuses du monde. Je réalisai que les dangers ne se trouvaient pas toujours où on s’y attendait. Je repris ma route, montai dans un autobus en direction d’un autre pour me rendre au centre étant content de me retrouver entasser parmi ces gens, parmi ce doux chaos de La Paz.

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1 comment

  1. Michel Maltais says:

    Bonne chance Mirko!!

3802
Hoösts

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